Découvrez la réglementation des compléments alimentaires en France, incluant les rôles de la DGCCRF, les allégations santé autorisées et les mesures de sécurité à respecter.

Réglementation des Compléments Alimentaires en France : DGCCRF, Allégations Santé et Sécurité

Un pot de gélules paraît simple, presque banal. Pourtant, dès qu’un opérateur décide d’apposer une promesse de forme, de vitalité ou d’immunité, il entre dans une zone de droit dense, surveillée et parfois litigieuse. En France, les compléments alimentaires sont des denrées à part, encadrées par un corpus européen partiellement harmonisé et par des règles nationales qui ajoutent des exigences concrètes sur la composition, les doses, l’étiquetage et les allégations. Cette architecture a un effet direct sur la vitesse d’accès au marché, sur la façon de communiquer et sur la sécurité attendue, du laboratoire jusqu’au panier du client.

Pour illustrer, imaginons l’entreprise fictive « Atelier NutriHex ». Elle veut lancer trois produits : une vitamine D, un complexe “détox” à base de plantes, et un gummy pour le sommeil. Très vite, l’équipe comprend que la question n’est pas seulement “est-ce que ça marche ?” mais “est-ce légalement un aliment, ou un médicament ?”, “quelles obligations pèsent sur l’étiquette et le site web ?” et “que se passe-t-il si un consommateur signale un effet indésirable ?”. Dans les lignes qui suivent, chaque règle devient un levier stratégique, car elle conditionne la commercialisation et la gestion du risque.

En bref

  • Définition : les compléments alimentaires sont des denrées destinées à compléter le régime, et non à traiter une maladie.

  • Frontière : une promesse thérapeutique, une dose ou une présentation peut entraîner une requalification en médicament, avec risques pénaux.

  • Mise sur le marché : en France, la DGCCRF s’appuie sur un régime déclaratif via notification préalable, assorti d’un droit d’opposition.

  • Ingrédients : listes positives, plafonds de vitamines et minéraux, cadre spécifique pour les plantes et gestion des novel foods.

  • Étiquetage et allégations : exigences strictes, contrôle renforcé du marketing digital, et sanctions en cas de pratique trompeuse.

  • Surveillance : traçabilité, autocontrôles, et système de signalement des effets indésirables via la nutrivigilance.

Table des matières

Définition juridique des compléments alimentaires selon la directive européenne 2002/46/CE et le décret français n°2006-352

La directive 2002/46/CE fixe le socle : les compléments alimentaires sont des denrées dont le but est de compléter le régime normal. Ils constituent des sources concentrées de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique. Toutefois, ils sont présentés sous forme de doses, comme des gélules, comprimés, ampoules ou sachets.

Cette définition a été transposée en droit français par le décret n°2006-352. Ainsi, le point clé n’est pas la forme galénique, souvent proche du médicament, mais la finalité alimentaire. En pratique, cela oblige Atelier NutriHex à construire son projet autour d’un usage de soutien, et non de traitement, même si le discours marketing est tentant.

Statut alimentaire des compléments : distinction claire avec les médicaments selon le Code de la santé publique

Le Code de la santé publique définit le médicament notamment par présentation (revendication de propriétés curatives ou préventives) et par fonction (capacité à restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques). Par conséquent, un même flacon peut basculer d’un régime alimentaire vers un régime pharmaceutique selon la manière dont il est promu. Dès lors, les compléments alimentaires restent des produits alimentaires tant qu’ils n’empruntent pas une promesse thérapeutique.

La jurisprudence européenne a consolidé cette approche, et la Cour de Justice de l’Union Européenne a rappelé l’analyse au cas par cas. Ainsi, le juge observe la dose, la présentation, les effets revendiqués et la perception par les consommateurs. À ce stade, la discipline rédactionnelle du service marketing devient une mesure de sécurité juridique, presque autant que l’analyse microbiologique.

Conséquences juridiques de la distinction entre compléments alimentaires et médicaments sur autorisations et contrôles

Si un produit est un médicament, il nécessite une autorisation de mise sur le marché (AMM), un circuit de distribution encadré et une pharmacovigilance. En revanche, pour des compléments alimentaires, le régime repose sur une déclaration et des règles d’aliments. Cette différence change tout : coûts, délais, et latitude commerciale.

Concrètement, Atelier NutriHex peut lancer plus vite ses produits alimentaires, à condition de respecter l’étiquetage, les plafonds de dose et la loyauté des allégations. Toutefois, si la communication suggère “guérir l’insomnie” ou “traiter l’anxiété”, le risque de requalification devient immédiat. L’insight est simple : la frontière est juridique, mais elle se joue souvent sur une phrase.

Cadre réglementaire français et européen des compléments alimentaires : directives, règlements et spécificités nationales

La réglementation des compléments alimentaires fonctionne comme un millefeuille. L’Union européenne harmonise certains points, mais laisse des marges nationales sur d’autres. De ce fait, un acteur qui vend en ligne doit penser “multi-pays” dès la conception, surtout lorsqu’il vise plusieurs segments de marché.

Le Parlement européen et le Conseil ont construit des textes transversaux sur l’information des denrées et sur la loyauté des pratiques. Par ailleurs, les autorités nationales, dont la DGCCRF en France, appliquent ces règles avec des priorités et des doctrines parfois différentes. Cette tension alimente une dynamique : l’innovation avance, et le droit tente de rester au niveau.

Principaux textes européens : directive 2002/46/CE, règlements 1924/2006, 1925/2006 et 2015/2283

La directive 2002/46/CE cadre la catégorie même des compléments alimentaires, notamment pour les vitamines et minéraux. Ensuite, le règlement (CE) n°1924/2006 structure l’usage des allégations, et il impose des conditions de preuve et de formulation. Ainsi, une phrase apparemment anodine devient un objet juridique, car elle peut influencer la décision d’achat des consommateurs.

Le règlement (CE) n°1925/2006 encadre l’adjonction de vitamines, minéraux et autres substances dans les aliments. De son côté, le règlement (UE) 2015/2283 traite les nouveaux aliments (novel foods). Par conséquent, si Atelier NutriHex veut utiliser un extrait rare ou une molécule émergente, il doit vérifier le statut novel avant toute commercialisation. Une décision d’ingrédient engage le calendrier, le budget et la sécurité documentaire.

Réglementation française : décret n°2006-352 et arrêtés sur nutriments, plantes et substances autorisées

En France, le décret n°2006-352 fixe le cadre interne. Ensuite, des arrêtés précisent les listes, conditions d’emploi et, selon les cas, les plafonds. Les vitamines et minéraux relèvent d’un socle assez balisé, même si les doses maximales peuvent varier selon la doctrine nationale. En parallèle, les plantes occupent un espace plus sensible, car elles naviguent entre tradition, usages et incertitudes toxicologiques.

Pour les produits à base de plantes, l’opérateur doit vérifier les parties utilisées, les formes d’extraits, et les restrictions. Dans les faits, beaucoup de refus viennent d’une composition insuffisamment justifiée ou d’un statut non clarifié. Le message à retenir : un ingrédient “naturel” n’est pas automatiquement “simple” sur le plan réglementaire.

Principe de reconnaissance mutuelle et particularités françaises dans l’autorisation des plantes

Lorsque l’harmonisation manque, le principe de reconnaissance mutuelle permet, sous conditions, de vendre dans un État membre un produit légalement commercialisé dans un autre. Toutefois, ce mécanisme n’est pas un passe-partout, car l’État d’accueil peut invoquer la protection de la santé publique. De plus, l’opérateur doit souvent démontrer l’équivalence, ce qui suppose un dossier solide.

La France est réputée exigeante sur certaines plantes, notamment quand les usages traditionnels se heurtent aux données de sécurité. Ainsi, Atelier NutriHex peut être tenté d’acheter une formule déjà vendue ailleurs, puis de s’appuyer sur la reconnaissance mutuelle. Cependant, sans justification toxicologique et sans argumentaire sur la dose, l’autorité peut contester. L’idée directrice : le “déjà sur le marché ailleurs” n’exonère pas l’analyse de risque.

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Procédure de mise sur le marché en France : notification DGCCRF, dossier obligatoire et responsabilités des opérateurs

Le régime français repose sur une démarche déclarative. Avant la mise sur le marché, l’opérateur transmet un dossier à la DGCCRF afin de notifier le produit. L’objectif est clair : permettre un examen rapide de l’étiquetage et de la conformité, sans basculer vers une autorisation préalable systématique.

Pour Atelier NutriHex, cette étape devient un jalon projet. Elle conditionne la date de lancement, la logistique et la mise en ligne des fiches e-commerce. Par ailleurs, une erreur de formulation sur les allégations ou une dose non conforme peut déclencher un blocage. La fluidité du processus dépend donc d’une préparation méthodique.

Obligations légales et contenu du dossier de notification : étiquetage et composition

Le dossier comprend typiquement un modèle d’étiquetage, la formule détaillée et l’identification de l’opérateur responsable. Il doit aussi exposer la composition en substances actives, excipients et additifs pertinents, ainsi que la portion journalière recommandée. En pratique, la cohérence entre la formule, l’étiquette et la page produit est souvent le point faible des jeunes marques.

Il faut aussi intégrer les avertissements requis, et vérifier que les unités, la lisibilité et les mentions sont conformes. En parallèle, l’entreprise conserve des preuves de conformité, utiles en cas de contrôle. Une règle opérationnelle s’impose : tout ce qui est revendiqué doit être justifiable, et tout ce qui est présent doit être maîtrisé.

Délais et modalités de contrôle par la DGCCRF avec opposition possible en cas de non-conformité

Après réception, la DGCCRF peut analyser la déclaration et, si nécessaire, demander des compléments. Elle peut aussi former opposition, notamment en cas de non-conformité ou de risque pour la sécurité des consommateurs. Ce pouvoir d’opposition rend la phase amont déterminante, car un packaging déjà imprimé peut devenir inutilisable.

Dans un cas inspiré de situations fréquentes, Atelier NutriHex dépose un gummy “sommeil” avec une promesse trop proche d’un effet thérapeutique. Le service juridique réécrit alors les allégations pour rester dans les formulations permises, tout en gardant une proposition claire. Ce réflexe sauve le planning, car il évite une confrontation longue. L’insight final : mieux vaut ajuster avant, plutôt que négocier après.

Responsabilité juridique du fabricant et de l’importateur pour la sécurité et la conformité

Le fabricant, ou l’importateur si le produit vient d’un pays tiers, porte la responsabilité première. Il doit garantir la sécurité, la conformité aux listes et la loyauté des informations fournies. Cela implique des contrôles qualité, des spécifications fournisseurs et une documentation stable dans le temps.

Le distributeur, surtout en ligne, n’est pas neutre. Il doit exercer une vigilance minimale, car il participe à la mise à disposition sur le marché. En cas d’incident, plusieurs régimes peuvent s’articuler : responsabilité du fait des produits défectueux, responsabilité contractuelle, voire délictuelle. La phrase clé : la conformité n’est pas “déléguée”, elle est “pilotée”.

Régulation des ingrédients, étiquetage et allégations santé : règles, limites et sanctions en France

La conformité d’un complément se joue sur trois axes : ingrédients, mentions et promesses. Or ces trois éléments se répondent, car une dose conditionne une allégation, et une allégation influence la qualification juridique. Par conséquent, la stratégie produit doit intégrer le droit dès la R&D.

Dans un marché très concurrentiel, certains acteurs cherchent des raccourcis. Pourtant, les autorités surveillent de près les produits “tendance”, notamment ceux du sport, de l’amincissement et de la sexualité. C’est aussi là que les sanctions tombent le plus souvent. Le meilleur différenciateur reste donc la robustesse scientifique et réglementaire.

Listes positives, doses maximales autorisées et gestion des nouveaux ingrédients (novel foods)

Les vitamines et minéraux disposent de listes positives, et les plafonds nationaux encadrent les apports. Les nutriments sont donc “autorisables”, mais pas à n’importe quelle dose. En parallèle, des avis de l’ANSES et de l’EFSA servent de base pour apprécier les risques, en particulier pour les populations sensibles.

Pour les ingrédients innovants, le statut novel food est décisif. Si l’ingrédient est “nouveau” dans l’alimentation européenne, une procédure d’autorisation s’impose, avec évaluation et décision au niveau de l’Union. La Commission européenne coordonne ce cadre, tandis que le Conseil et le Parlement européen en ont fixé les fondations. Au final, un bon réflexe consiste à vérifier ce statut avant la signature d’un contrat fournisseur.

Point de vigilance

Risque principal

Bonne pratique

Dose élevée d’un actif

Atteinte à la sécurité et requalification

Calcul d’apport total, rappel des limites, justification scientifique

Ingrédient “nouveau”

Blocage de mise sur le marché (novel)

Vérification statut, dossier novel si nécessaire

Matière première végétale

Non-conformité sur les plantes

Traçabilité, spécifications, conformité aux listes et restrictions

Exigences d’étiquetage spécifiques des compléments alimentaires et exemples de jurisprudence française

L’étiquetage des compléments alimentaires doit mentionner la dénomination, la portion journalière recommandée, et la liste des substances caractérisant le produit. Il faut aussi afficher des avertissements, dont “ne pas se substituer à une alimentation variée” et “tenir hors de portée des enfants”. De plus, la présentation doit rester claire, lisible et non trompeuse, y compris sur les boutiques en ligne.

La jurisprudence française illustre une sévérité constante sur la loyauté. Des décisions ont sanctionné des mentions ambiguës suggérant une action curative, ou des visuels assimilant le produit à un traitement médical. D’autres affaires ont visé des chiffres mis en avant sans contexte, comme un “%” présenté de façon à exagérer l’intérêt réel. Moralité : l’étiquetage n’est pas un support créatif, c’est un document engageant.

Encadrement des allégations nutritionnelles et de santé : interdiction des allégations thérapeutiques et surveillance DGCCRF

Le règlement 1924/2006 encadre les allégations : une promesse doit être autorisée et utilisée selon ses conditions. On distingue les allégations nutritionnelles (ex. “source de”) et les allégations de santé. Le règlement (UE) 432/2012 fournit une liste de formulations autorisées, souvent liées à des vitamines, minéraux et certains actifs. Ainsi, un choix de nutriments peut ouvrir ou fermer des possibilités marketing.

En revanche, une allégation thérapeutique reste interdite pour des compléments alimentaires. Or, sur les réseaux sociaux, un influenceur peut glisser “ça soigne” en une story, ce qui suffit à déclencher un dossier. La DGCCRF surveille ces pratiques, parfois avec l’appui de l’ANSM quand le risque de médicament se précise. En cas de manquement, les sanctions peuvent viser la pratique trompeuse, voire l’exercice illégal de la pharmacie. L’insight final : la conformité se joue aussi dans les posts et les scripts vidéo.

Responsabilités juridiques, enjeux contemporains et bonnes pratiques pour les acteurs du secteur des compléments alimentaires

Dans un secteur où les cycles d’innovation sont rapides, la responsabilité ne se limite pas à éviter un rappel. Elle implique une organisation, des procédures et une culture de preuve. Les compléments alimentaires attirent des profils variés, du laboratoire historique à la DNVB, et chacun doit internaliser les mêmes exigences de sécurité et de conformité.

Les consommateurs sont aussi plus informés, et ils comparent. Ils attendent des produits cohérents, transparents et traçables. Par conséquent, la conformité peut devenir un argument commercial, si elle est construite avec sérieux. Ce point annonce naturellement la question des pratiques internes.

Obligations des fabricants, importateurs et distributeurs : conformité, autocontrôles, traçabilité et gestion des risques

Les obligations des opérateurs se traduisent d’abord par des autocontrôles adaptés, souvent structurés via HACCP et plans analytiques. Ensuite, la traçabilité doit permettre de remonter un lot en quelques heures, surtout quand la vente est multicanale. Enfin, le dossier technique doit rester disponible et à jour : fiches matières premières, certificats, preuves d’allégations, et justification des doses.

Atelier NutriHex met en place une “revue mensuelle conformité” : un point sur la liste d’ingrédients, les retours clients et les pages web. Cette routine évite l’accumulation de petites dérives, comme une bannière promotionnelle trop agressive. De même, elle facilite une décision rapide de retrait ou rappel si un risque se matérialise. L’idée à retenir : la conformité n’est pas un audit annuel, c’est un système vivant.

Défis réglementaires actuels : diversité nationale, commerce électronique et surveillance du marché

Le premier défi reste la diversité des approches nationales, malgré un socle européen. Un produit accepté en Espagne peut se heurter à une lecture plus restrictive ailleurs, notamment sur les plantes ou certains stimulants. Dans ce contexte, la reconnaissance mutuelle existe, mais elle exige une stratégie documentaire et parfois un dialogue avec l’administration. Cela complexifie la planification des lancements et la gestion du marché transfrontalier.

Le second défi est l’e-commerce. Une fiche produit se duplique vite, et une allégation non autorisée peut se retrouver sur une marketplace en quelques jours. Par conséquent, les contrôles s’étendent aux pages web, aux avis et aux contenus d’influence. Or la vitesse du digital ne diminue pas l’exigence de réglementation. L’insight final : la conformité doit être “scalable”, comme la distribution.

Recommandations pratiques : veille réglementaire, dossiers robustes, expertises juridiques et innovation responsable

Une veille régulière est indispensable, car les listes, avis et décisions évoluent. Il est aussi utile d’adhérer à une organisation professionnelle, car elle fournit souvent des alertes et des retours d’expérience. Ensuite, la constitution d’un dossier robuste réduit les frictions lors d’un contrôle et sécurise les partenariats B2B. Enfin, le recours à une expertise juridique spécialisée aide à cadrer les allégations et à prévenir la requalification en médicament.

L’innovation responsable devient un avantage compétitif. Par exemple, des produits personnalisés peuvent être proposés, mais ils doivent rester compatibles avec les plafonds et les règles d’information. De même, l’usage de nanomatériaux ou d’ingrédients issus de l’économie circulaire impose une évaluation renforcée de sécurité. Un dernier levier consiste à obtenir des certifications indépendantes, utiles pour rassurer les consommateurs et fluidifier l’accès au marché. La phrase clé : l’audace marche mieux quand elle est documentée.

Le dispositif de Nutrivigilance (signaler un effet indésirable)

Le système français de nutrivigilance vise à collecter et analyser les effets indésirables liés aux denrées, dont les compléments alimentaires. Il répond à une réalité : même avec une bonne formulation, une interaction, un mésusage ou une sensibilité individuelle peut survenir. Ainsi, la surveillance post-commercialisation complète la logique de conformité “avant mise en vente”.

Pour Atelier NutriHex, ce sujet n’est pas un détail. Un signal bien géré peut éviter une crise, alors qu’un signal ignoré peut dégrader durablement la confiance et ouvrir un risque contentieux. C’est pourquoi la gestion des retours clients doit intégrer une grille d’analyse orientée sécurité.

Procédure de signalement et suivi des effets indésirables liés aux compléments alimentaires

Les signalements peuvent provenir des consommateurs, des professionnels de santé, ou des opérateurs eux-mêmes. Ensuite, l’information est analysée, notamment pour détecter des tendances, des lots problématiques ou des profils à risque. Si un faisceau d’indices apparaît, des mesures peuvent être recommandées, jusqu’à un retrait du marché.

Dans un scénario concret, une série de plaintes “palpitations” remonte après le lancement d’un booster. L’équipe qualité recoupe alors les lots, vérifie la conformité analytique et examine les co-consommations. Cette approche factuelle permet de décider vite, plutôt que de se perdre en hypothèses. L’insight final : un bon process de signalement est un outil de pilotage, pas une contrainte.

Outils et ressources disponibles pour les professionnels dans la gestion des effets indésirables

Les professionnels s’appuient sur des formulaires dédiés, des procédures internes et des référentiels qualité. Il est aussi pertinent de tenir un registre des réclamations, lié à la traçabilité, afin de déclencher des investigations structurées. En parallèle, les avis de l’ANSES guident souvent la compréhension des risques liés à certaines substances ou usages.

Une bonne pratique consiste à former le service client, car il capte les premières alertes. Ensuite, une équipe transverse décide des actions : information renforcée, modification d’étiquetage, voire suspension. Ce fonctionnement protège la marque, mais surtout il protège les utilisateurs, ce qui reste le critère central de sécurité sur le marché.

Que signifie « Déclaré à la DGCCRF » ?

La mention “Déclaré à la DGCCRF” est fréquente sur les sites e-commerce et sur certains packagings. Elle renvoie au régime déclaratif applicable aux compléments alimentaires en France. Toutefois, elle est souvent mal comprise par le public, car elle peut être interprétée comme un label de qualité ou une validation préalable.

Or, le cœur du système est différent : l’opérateur demeure responsable, et l’administration conserve un pouvoir de vérification. Ainsi, cette mention ne doit pas devenir un argument d’autorité déguisé. C’est aussi un point sensible en matière de loyauté vis-à-vis des consommateurs.

Importance et implications juridiques de la déclaration DGCCRF pour les acteurs des compléments alimentaires

La déclaration signifie que l’opérateur a transmis les éléments requis avant mise sur le marché. Elle matérialise une étape de conformité, utile en cas de demandes de partenaires ou d’audits. De plus, elle facilite l’organisation interne, car elle impose un gel du contenu de l’étiquetage et de la formule au moment du dépôt.

Pour Atelier NutriHex, afficher “déclaré” peut rassurer, à condition de rester prudent. Une formulation plus exacte consiste à éviter toute implication de validation. En parallèle, conserver la preuve de dépôt et le dossier complet devient un réflexe, car il peut être demandé lors de contrôles. L’insight final : la déclaration est un acte de responsabilité, pas une médaille.

Conséquences en cas de non-déclaration ou de fausse déclaration à la DGCCRF

Une absence de déclaration expose à des mesures administratives, et elle fragilise l’opérateur en cas de litige. En outre, une fausse déclaration, par exemple une formule différente de celle réellement vendue, peut entraîner des poursuites pour tromperie. Le risque augmente encore si les allégations sont non conformes, car l’ensemble peut être qualifié de pratique commerciale trompeuse.

Enfin, l’absence de maîtrise documentaire complique les actions correctives. Un rappel de lot devient plus coûteux, et la communication de crise devient risquée. Dans un marché où la confiance est fragile, le coût réputationnel dépasse souvent le coût juridique. La phrase clé : déclarer correctement, c’est protéger son entreprise autant que ses clients.

Élément

Ce que cela implique

Erreur fréquente

Étiquetage en ligne et sur pack

Cohérence des mentions, avertissements, lisibilité

Copier-coller marketing avec allégations non autorisées

Dossier de conformité

Preuves et traçabilité disponibles en cas de demande

Fiches fournisseurs incomplètes, lots establishes sans justificatifs

Communication

Promesses compatibles avec le statut alimentaire

Glissement vers un bénéfice “traitant”

  • Checklist interne avant lancement : formule, stabilité, justificatifs d’allégations, et conformité web.

  • Process influence : scripts validés, mentions encadrées, et archivage des contenus sponsorisés.

  • Plan incident : retrait/rappel, communication, et analyse de cause racine orientée sécurité.

Un complément peut-il être vendu en pharmacie et rester un produit alimentaire ?

Oui, car le canal de distribution ne détermine pas la qualification. Toutefois, la présentation et les allégations doivent rester compatibles avec le statut de compléments alimentaires, sinon le risque de requalification en médicament augmente.

Peut-on utiliser la même page produit pour plusieurs pays de l’Union européenne ?

C’est possible, mais risqué si des règles nationales diffèrent, notamment sur les plantes et certaines doses. Il faut adapter l’étiquetage, vérifier les listes applicables et cadrer les allégations selon les exigences locales, même si le socle européen est commun.

La mention “Déclaré à la DGCCRF” prouve-t-elle que le produit est validé ?

Non, elle indique qu’une démarche déclarative a été réalisée. L’opérateur reste responsable de la conformité et de la sécurité, et la DGCCRF peut contrôler et s’opposer si elle identifie une non-conformité ou un risque.

Quelles sont les causes fréquentes de non-conformité sur le marché ?

Les plus courantes concernent l’étiquetage incomplet, des allégations trop proches du thérapeutique, des doses non conformes, ou une composition insuffisamment justifiée. Le digital amplifie aussi les erreurs via les marketplaces et le marketing d’influence.

Que faire si un client signale un effet indésirable après prise ?

Il faut collecter les informations clés (lot, dose, contexte, co-consommations), ouvrir une investigation et, si nécessaire, signaler selon les circuits de nutrivigilance. Ensuite, l’entreprise doit décider d’actions proportionnées : information, modification d’étiquetage, retrait ou rappel.

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