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La grossesse
C’est un grand moment de bonheur mais aussi un énorme bouleversement hormonal.

Au début, la progestérone augmente en grande quantité.
La femme enceinte peut être fatiguée par ce bouleversement. Certaines ressentiront des douleurs (mammaires ou lombaires), d’autres des insomnies, des nausées ou de la rétention d’eau. La femme, pour elle et pour l’enfant qu’elle porte, a des besoins accrus en fer et en folates (vitamine B9) et doit avoir un apport en calcium et en vitamine D suffisant.

Le 2e trimestre de la grossesse est plus agréable. La femme prend 1,5 kg en plus par mois, soit 10 à 15 kg au total. Elle doit manger deux fois mieux et non pas deux fois plus, ce qui nécessite une attention particulière quant à l’apport en fer et vitamines. Manger équilibré et sain va permettre à son bébé de bien se développer.
La femme peut alors être sujette à des troubles digestifs (type constipation) et à des oedèmes des membres inférieurs associés à des crampes qui régresseront nettement avec un apport en magnésium. C’est aussi à cette période qu’elle doit penser à se prévenir des vergetures.

Lors du 3e trimestre, l’ossification des os du fœtus et la formation des bourgeons dentaires se font, l’apport en calcium doit être suffisant. De plus, à cette période, la femme enceinte peut souffrir d’hémorroïdes, de cystites ou encore de douleur du dos ou du bassin et être sujette à des insomnies.

Pour pallier ses déficits, la femme pourra se supplémenter en prenant conseil auprès du médecin qui la suit pendant sa grossesse.

Quatre micronutriments sont à optimiser lors de la grossesse et une supplémentation est le plus souvent indispensable car « il vaut mieux prévenir que guérir ».

Il s'agit :

- Du fer dont les besoins sont généralement couverts par une alimentation classique suffisante (> 2000 kcal) et n’excluant pas des aliments d’origine animale. Cependant, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français recommande de dépister l’anémie au cours du 1er trimestre de la grossesse et de prescrire un traitement si l’hémoglobine est inférieure à 11 g.

- Des folates : un apport de 0,4 mg/jour permet une diminution de 50 % du risque de Spina Bifida et une diminution des risques de prématurité et de petit poids de naissance.

- De la vitamine D : une supplémentation maternelle dans la 2ème moitié de la grossesse est préférable si l'exposition au soleil est faible. La dose à suivre est de 400 unités internationales (UI), au dernier trimestre. Si un déficit existe, la dose passe alors à 1000 UI/j voire à 200 000 UI en une prise au 7e mois pour les femmes à risque.

- Du zinc : il faut supplémenter en zinc si la femme enceinte a suivi une restriction calorique trop importante, ou en cas de régime végétalien ou végétarien, en tenant compte des supplémentations en fer car il y a une compétition entre fer et zinc pour l’absorption intestinale. De même, si l’alimentation est riche en aliments complets d’origine céréalière, cette supplémentation est nécessaire car les phytates peuvent limiter l’absorption du zinc.

Après la grossesse, pour les femmes qui souhaitent allaiter, l’important pour la qualité du lait est l’apport en acides gras insaturés (en particulier les oméga 3 et le DHA), en fer et en calcium.

Pour toutes les femmes, une supplémentation en zinc est conseillée en cas d’exercice physique intense, de maladie infectieuse, de traumatisme ou de consommation de tabac et d’alcool en excès.

Avec la contribution du Dr Joëlle Bensimhon, médecin gynécologue, Paris, et du Dr Catherine Serfaty-Lacrosnière, médecin nutritionniste, Paris.